Vie quotidienne du pensionnaire au TPIR. Certains journalistes sont choqués.
Dans une petite salle située au septième étage du centre de conférences qui abrite le Tribunal Pénal international pour le Rwanda (TPIR), le directeur du centre de détention, M. Saydou Guindo, se confie à un groupe de journalistes. Pour la première fois, affirme-t-il, il accepte de répondre aux questions sur les conditions de détention des prisonniers. Certains journalistes n’en croient pas leurs oreilles.
Le centre de détention du TPIR a été créé en 1996. C’est le premier et unique centre de détention strictement onusien et entièrement géré par des agents de l’ONU. Jusqu’à présent il abrite 57 pensionnaires dont 28 détenus, 9 qui attendent le début de leur procès et 20 déjà condamnés et qui attendent des pays d’accueil pour purger leur peine.
Il compte 79 cellules individuelles. Les pensionnaires ont accès aux exercices physiques pour se maintenir en forme. Ils ont accès à une bibliothèque et ils sont abonnés à DSTV pour suivre les informations à travers le monde. Ils ont le droit d’écrire et de recevoir des lettres mais celles-ci sont contrôlées par un service de censure. Les prisonniers et détenus ne disposent pas d’un accès à Internet, ce qui n’a pas empêché l’un d’entre eux, Hassan Ngueze, condamné dans le cadre du « procès des médias », de développer son propre site Internet où il développe ses idées.
Dans chacun des 16 quartiers, il y a un téléviseur mais les « pensionnaires » peuvent également disposer de leurs propres appareils. Ils ont le droit de recevoir des appels téléphoniques de leurs parents une fois par semaine. Ils reçoivent également la visite des membres de leur famille, de leurs avocats et des ministres de leur culte. Une xpérience est d’ailleurs tentée afin qu’ils puissent recevoir, à l’instar des prisonniers dans de nombreux pays d’Europe, des « visites intimes » de plus ou moins deux heures de la part de leurs conjoints. ” Nous ne faisons rien d’illégal, a expliqué Mr Seydou Guindo. Rien n’interdit au niveau international les visites conjugales. C’est une façon de maintenir un équilibre avec la famille. Pour les condamnés, c’est le détenu qui est frappé de sanction et non son épouse. Pour les détenus dont le procès est en cours, il y toujours la présomption d’innocence. Les détenus ici sont des intellectuels, ils connaissent leurs droits. Ils ont toujours écrit aux autorités pénitentiaires pour dénoncer leur discrimination par rapport aux prisonniers qui sont à La Haye. C’est une expérience que nous tentons qui peut continuer ou s’arrêter. »
Le directeur du centre de détention a aussi indiqué que les détenus ont accès aux soins médicaux gratuits. En effet, tous les pensionnaires se sont déclarés indigents sauf un qui, au départ, a voulu payer ses avocats, mais qui a vite changé d’avis quand il s’est rendu compte des coûts occasionnés.
Le régime alimentaire est adapté en fonction de l’âge et de l’état de santé de chacun. On n’y consomme ni alcool, ni cigarettes. Chaque « pensionnaire » reçoit des chemises et des costumes : il n’y a pas d’uniforme. Mr Seydou Guindo affirme que cela relève des règles internationales sur la dignité humaine.
” Contrairement à ce que les gens disent, la prison du TPIR n’offre pas les mêmes conditions qu’ un hôtel à 5 étoiles. Nos pensionnaires sont privés de la liberté et ce que nous leur donnons sont des conditions humaines que tout prisonnier devait avoir. Plutôt que d’être choqué des bonnes conditions de détentions ici, il faudrait œuvrer à améliorer les conditions de détention ailleurs,” a déclaré le directeur de la prison.
Au cours de l’exposé du directeur pénitencier, certains journalistes se sont déclarés choqués par les conditions confortables dans lesquelles vivent les détenus à Arusha, par rapport à la vie que mènent les victimes au Rwanda.
“Combien de rescapés du génocide regardent-ils CNN ? Combien d’entre eux consomment 5 dollars par jour, ce qui est le coût quotidien des prisonniers d’Arusha “? se sont-ils étonnés. “Pourquoi l’ONU pense-t-elle aux droits des bourreaux et ferme les yeux devant ceux des victimes réduites à l’état de pauvreté extrême par les génocidaires ? Les femmes contaminées du SIDA sont condamnées a une mort certaine et bien d’autres meurent de faim dans l’indifférence de la communauté internationale, a remarqué un journaliste rwandais.
Selon M. Guindo, quelles que soient les conditions de détention, la privation de liberté est toujours une punition terrible. « Tout le monde peut se trouver un jour derrière les barreau, a-t-il remarqué. Vous saurez ce que c’est quand vous serez en prison. » Le plus âgé des pensionnaires d’Arusha s’appelle Aloys Simba tandis que le moins âgé est Arsène Shalom Ntahobari en détention avec sa mère, a révélé la même source.
Eric Kayihura, Rwanda




“Selon M. Guindo, quelles que soient les conditions de détention, la privation de liberté est toujours une punition terrible.”
“” Contrairement à ce que les gens disent, la prison du TPIR n’offre pas les mêmes conditions qu’ un hôtel à 5 étoiles. Nos pensionnaires sont privés de la liberté et ce que nous leur donnons sont des conditions humaines que tout prisonnier devait avoir” : Nothing more to say !
Lee
6200000028MardiTuesdayUTC31,2008